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La Capoeira à L'Arsenal de la Marine
texte de Carlos Eugênio Líbano Soares

Aux premières heures (…) de la nation brésilienne indépendante, et de la marine de guerre du Brésil, la Capoeira déjà marquait son empreinte dans certaines périphéries. A cette époque la Capoeira est une pratique exclusive des esclaves noirs, très africains, mais très brésiliens aussi, et pour cela dénigrée et persécutée. Mais quand l'Empire commence la construction de la première Digue du Brésil (mais aussi de l'Amérique latine) ce furent les capoeiras noirs les convoqués pour travailler. Convoqués, nous devons le dire, de force, comme il était commun à l'époque dans tout le monde. La Digue fut conçue par l'Arsenal de la Marine, institution qui datait du 18ème siècle, mais seulement l'indépendance pour concevoir la construction de navires nationaux.

La Digue était un grand ancrage où les navires pouvaient subir des réparation de coque. Avant ils devaient être échoués et couchés sur le coté pour n'importe quel travail de coque. L'endroit était une grande carrière dans l'île des Serpents qui devait être cassée pierre par pierre pour ouvrir la Digue. Les noirs furent choisis pour réaliser ce travail ardu. La digue commença à être construite en 1824, avec le coup inaugural donnée par L'empereur Pedro I en personne. Elle sera finie seulement en 1861. A la Digue, commença la longue présence de la capoeira dans les quartiers de la marine de guerre du Brésil, présence qui sera acceptée sans restriction seulement à l'aube du 20ème siècle

Dans l'Arsenal de l'île des Serpents, les capoeiras eurent des contacts avec le monde belliqueux et turbulent des hommes de la mer de l'époque : matelots, moussaillons, esclaves de l'estivage, marins anglais, nord américains, et autres, artisans maritimes, ouvriers de l'Arsenal de la Marine, officier de l'armada, jusqu'au personnage du "quitandeiro do mar", espèce de vendeur ambulant qui déambulait par les ports et navires de la baie de Guanabara. De là, la capoeira se diffuse comme l'odeur de la marée. Pendant la moitié du 19ème siècle beaucoup de marins, de la marine marchande ou de guerre étaient d'habiles capoeiristes. Le fait de vivre dans la marine alors marquée par la violence et les conduites arbitraires stimulait (principalement les échelons les plus bas). Les matelots étaient vus par les autorités policières comme synonymes de désordre et de turbulence

Toutes les fois qu'un navire débarquait son équipage dans le port, on s'attendait à des émeutes dans les auberges et des tavernes de la zone portuaire de Candelária et Santa Rita. A cette époque le recrutement d'équipage était commun : c'est à dire, quand un vaisseaux de guerre devait lever l'ancre, les autorités navales prenaient au lasso n'importe quel marin à qui il donnait de la soupe, et l'obligeait à servir dans le navire. Cette mesure provoqua beaucoup de réclamations diplomatiques de nations étrangères qui protestaient contre le recrutement de matelots de leurs navires de guerre. Pour échapper à cette saignée faite par les policiers, les marins apprirent avec les esclaves noirs les coups de capoeiragem. Au départ les autorités navales ne virent pas cela d'un bon oeil, mais après ils découvrirent que la capoeira pouvait être une bonne arme pour ne pas perdre ses hommes pendant les descentes policières

Certains affirment de même, que la capoeira est née dans l'estivage. Là sur le flanc de Piaxava, sur les côtés de la Santa Casa da Misericórdia, sur la plage de Santa Luzia, serait né le jeu comme un amusement entre esclaves et marins, cela avant l'arrivée de la Famille Royale Portugaise, en 1808. De là elle a conquis la ville. Un vestige de cette origine est l'utilisation du terme capoeira pour le "panier de paille", utilisé pour désembarquer les marchandises qui venaient des navires au large.

Cette signification a été commune durant toute la première moitié du siècle dernier.
Mais la capoeira n'allait pas tarder à démontrer sa valeur. Quand la Guerre du Paraguay a éclaté la Marine de Guerre du Brésil a eu la difficile mission d'ouvrir le chemin par les fleuves du Paraguay dans la direction d'Assunción, la capitale, suivie par l'armée. Beaucoup de combats se succédèrent, qui étaient spécialement violents quand un navire en abordait un autre. Combien de fois la capoeira n'a t-elle pas sauvé la vie des marins de l'empire lors des durs combats fluviaux ?

De retour à la maison, les échos de la bataille se faisaient toujour entendre. En novembre 1870, année de la fin de la Guerre, deux marins de l'empire, le gaucho mulâtre Mariano Joaquim Teixeira, qui habitait à la caserne de l'île de Villegagnom, et le mulâtre carioca Raimundo Arruda, qui habitait rue du Riachuelo, furent arrêtés la nuit en train de "jouer la Capoeira". Remis à la caserne, on constate qu'ils n'ont souffert d'aucunes réprimandes. La Capoeira fut très populaire à une époque à laquelle le marin, était vu comme facteur de désordre, comme un quasi marginal, à l'image de la prostitué, du "malandro", du "valente".

Les endroits fréquentés par les hommes de la mer étaient des antres de beuverie et de bagarres. Aujourd'hui cela à changé. La professionnalisation et la modernisation ont effacé ce passé turbulent. Mais la capoeira est toujours apprécie par les hommes de la mer. Ce n'est pas pour rien que dans les deux plus anciens ports du pays, Salvador et Rio, elle eut son développement fondamental.

© aruera