informations et ressources libres sur la Capoeira et ses traditions
www.capoeira-infos.org
ActualitesHistoirePersonnagesRessourcesLiens
ressources

Bimba, Pastinha, Besouro de Manganga, Três personagens da Capoeira Bahiana - Antonio Liberac

Besouro

(...) Manoel Henrique Pereira, plus communément appelé « Besouro de Maganga » le capoeiriste le plus fameux de tous les temps. Son nom est resté gravé dans l’histoire et la mémoire aussi bien des capoeiristes bahiannais que des pratiquants de Capoeira du Brésil et du monde.(…) Besouro de Maganga fut un pratiquant de Capoeira qui a précédé l’époque de Mestre Pastinha et Mestre Bimba. (…) Un patron des "maltas" bandes de Capoeiras du siècle XIX. Trouver des indices pour réaliser une sorte de biographie fut très difficile. malgré tout , j’ai réunit quelques informations, peu mais révélatrices (…)

Ainsi, on peut récolter diverses histoires sur Besouro de Manganga, dans le "Reconcavo" (intérieur de Bahia). Ces histoires, sans doute aidèrent à construire le mythe. Dans ces récits, la gloire de Besouro, comme courageux, est exalté. Sa mandinga est invincible, son corps étant " fechado" (fermé, protégé par la magie) par des milliards de Babalos (pères de saints, religion du Candomblé). Besouro reste célèbre pour ses confrontations à la police contre laquelle il n’a jamais perdu, pour ses bagarres, quand il utilisait les coups de Capoeira et de couteau qui envoyait au sol ses adversaires qui recevaient son pouvoir de Capoeira, "Valentao", "Capadocio" et "Bamba".

Besouro de Maganga est né dans la ville de Santo Amaro da Purificaçao en 1885, raconter son histoire signifie aussi relater des aspects culturels de ce lieu intéressant. Au début du 20ème siècle, Santo Amaro avait d’importantes usines sucrières et de manufactures. Les bateaux empruntaient le canal du fleuve pour transporter de petites quantités de marchandises. La majeure partie allait à Cachoeira et Maragogipe, d’ou sortaient les "saveiros", pour traverser la Baie de tous les Saints. Santo Amaro se divisait entre la ville haute et basse.

Le Trapiche de Baixo était le quartier de Besouro, ou il habitait et avait l’habitude de faire ses fêtes. Actuellement, peu de personnes qui le connurent vivent encore. Nous pouvons rencontrer certains qui gardent de rares souvenirs et aident à maintenir le mythe du célèbre Capoeira. Un d’eux est est José Brigido Dorneles Antunes, le "Mr Antunes" né en février 1910. En remontant en 1923, Mr Antunes, avait arrêté de "Vadiar" (flâner, traîner) et travaillait dans le magasin de son père, spécialisé dans les «secs et mouillés », il s’y vendait de la cachaça, du sucre de canne, des haricots noirs, du riz… et bien d’autres choses. C’est en travaillant là, qu’ils connut et conversa avec Besouro..

Il précise, que Besouro était également appelé Besouro Cordao de Ouro par ses compagnons. Parmi eux il y avait : Paulo Barroquinha, Boca de siri, Doze homens, Noca de Jaco et Canario Pardo. Tous habitaient le quartier du Trapiche de Baixo. A la période à laquelle Antunes le connut, Besouro travaillait comme docker pour les saveiros qui circulaient entre Salvador, Cachoeira, et Maragogipe.

Lors de mes recherches, j’ai eu la grande opportunité de connaître un de ces noms cités par Antunes : Noca de Jaco

« J’étais la terreur de cette ville (…) parler à Santanas, c’est parler du nom de Noca de Jaco(…) il y avait des capoeiristes, beaucoup (…) Besouro, Paulo Barroquinha, Canario Pardo, Pé de Onça (…) Besouro était maître d’une Lancha (navire), il voyageait avec les paniers, les marchandises. »

Ernesto Ferreira da Silva était connut dans la ville de Santo Amaro comme Noca de Jaco et naquit en 1899, fils de Jaco Ferreira da Silva. Il travaillait pour la coopérative de bahia ou était produite la cachaça. Noca de Jaco a connut Besouro et apprit la Capoeira avec lui.

Il, était du même quartier, qui à cette époque était la partie la plus pauvre de la ville de Santo Amaro. Selon Jaco, Besouro naquit et grandit dans la ville, après être sortit du service militaire, il travailla sur un navire baptisé "Deus me guie" (Dieu me guide). Jaco fréquentais les marins quand son travail l’amenait aux quais. Il fut tanneur, ainsi, coupait le bois (…) montait les arcs et armait les barils, dans lesquels était déposé la cachaça venue de l’alambique.(…). Jaco avait 15 ans, était enfant et restait à observer Besouro de Manganga et "restait à apprendre ce qu’il ne donnait pas"

«Après, j’ai laissé le bureau pour aller travailler au trapiche (magasin ou sont entreposées les denrées alimentaires) comme fumo .

Jaco coupait le « fumo », prensava ( ?), commercialisait et dirigeait 14 hommes. Il informa que le propriétaire était un « alemmands » appelé : Simoes Lopes de Almeida que lui donnait le « bagaço do fumo », comme récompense et le « trou da cadeia » quelquefois jusqu'à ce qu’il y eut une dispute avec un autre célèbre «valentao» connut : « Baiano »
La dispute entre Jaco et Baiano devint une histoire locale fameuse et mentionnée dans les entretiens que je put réaliser à Santo Amaro. En résumé, Joca s’etais épris de francisca Paim, alors qu’elle entretenait encore des relations avec Baiano.
La lutte se déroula a un « beco » proche de la station. Jaco était armé d’une lame « navalha » accroché sur le coté du pantalon. Bainao avait un vieux revolver et il tira 2 coups qui partirent à la hauteur de la ceinture de Jaco. Malgré ça, Jaco ne laissa pas tomber, et partit à l’attaque en lançant la « navalha » sur Baiano. Celle-ci atteint Baiano et revint à ses mains. Bahiano ne pouvant plus utiliser le revolver, mais était vaillant, se défendit, se battut. La bagarre dura le temps qu’arrive la police et qu’elle arrête les fauteurs de trouble. Selon Jaco, lui et son adversaire furent emprisonné. Au final les 2 furent libérés après quelques jours de prison. Jaco, en racontant ce conflit, revela les muties des aspects de l’apprentissage de la capoeira.

Je lui demandai comment il avait appris a se baggarer avec la «navalha» accroché à la « borracha » : (…)
Noca rapporta la maniere d’entrainement avec la « navalha » jusqu'à dominer son maniement. Un apprentissage difficile, ardu, qui coutait diverses coupures aux mains. Il precisa qu’il ne se battait pas avec n’importe qui, mais avec ceux qui avait l’ame vaillante (?) et avec la police.

Il aurait appris la capoeira avec Paulo Barroquinha, Doze Homens, Canario Pardo, Torquato, Arouça, Pé de Onça et le marin Pedro Madeiro Preta. Noca de Jaco « acabou descortinando » le milieu social de la Capoeira de l’époque et mentionna qu’ils se reunissaient, tuaient une poule pour manger et invitaient les capoeiras. Selon lui, la part ludique de la Capoeira était présente, quand il y avait des fêtes :

« quand il y avait une démonstration, on n’utilisait pas les coups pour "de vrai", pour blaguer mais pas se bagarrer. On recevais les invités, on tuait et mangeait une poule, et on blaguait. Le mestre contrôlait les dérapages. Le même que le Batuque.
Le Batuque c’était le samba de forme grossière, avec un pandeiro, une guitare ou un cavaquinho, on dansait, et certaine fois, on donnait un rabo de Arraia (mouvement de capoeira)

La citation ci-dessus révele un autre aspect de la culture de la capoeira. Um rencontre entre amis, personnes de meme groupe qui fraternisent dans le jeu de la capoeira. Noca décrit une forme « nitida » concernant ce que signifie le Batuque pour lui : « un mélange de samba et de capoeira : une forme grossière de danser au son de la guitare ».
J’ai transcrit une chanson de cette époque, dont il se souvint.

« he ! bondade
Puxa puxa. Leva, leva
Bondade
Joga pra cima de mim
Bondade
Eu so o braço de maré
bondade
Da Boca do rio verde
Bondade »

Mestre Tiburçinho
Batuque dans le Reconcavo
Engenho de Dentro

Je crois que le lecteur peut imaginer la beauté de la production musicale que l’on pouvait rencontrer, entre les joueurs de Samba, de Batuque et de la Capoeira. Festival de rites, de rythmes et de corps dans la ville de Santo Amaro. Il ne cessa de rapporter que, plusieurs fois, ils eurent à se rencontrer clandestinement, dans le guetto du «trapiche de Baixo ».

Noca de Jaco était un homme qui eut des experiences diverses, mais maintint des relations non seulement avec et la capoeira mais aussi avec la culture de groupe noires proche des religions afro-brésiliennes. Il eut son initiation dans le candomblé de nation Ketu et montré ses connaissances générales sur l’Umbanda et les Candomblés de nations Angola et Gegê.

Il a connu aussi Maitre Popô et le Maculelê, une pratique culturelle qui consiste en une lutte avec des morceaux de bois, pratiqué par divers joueurs qui chantent au rythme des Atabaques, agogos et Xequeres. Cette lutte fut préservé dans une Fazenda située à Santo Amaro de Purificaçao et s’est dévellopé dans tout le Brésil à partir de la seconde décennie du Xxème siècle. Cette manifestation culturelle fut en partie, une invention de Mestre Popô qui est devenut le pratiquant, le plus célèbre de cet art. Mais quand Noca de Jaco connut mestre Popô, le Maitre de Maculelê, dans les années trente, la capoeira avait changé en beaucoup d’aspects ? Comme lui meme le confirme

« Besouro jouait un autre jeu, quand on disait, nous allons jouer Angola, un autre jeu (…) Il jouait pour tout le monde, quand on l’invitait , il y avait le berimbau, le cavaquinho ou la guitare ».

© aruera