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Perfil / Jogo de moleca (publié en octobre 2001 sur le site du Correio da Bahia)
Carmen Vasconcelos

Mestra Jararaca, 27 ans, montre que la capoeira est un espace de femme

mestre curioCelui qui a vu cette enfant sérieuse, souriant peu, vadiar dans les rodas de João Pequeno, à Santo Antônio, n'imaginait pas que le temps irait la transformer en maître. En vérité, c'est la première femme à atteindre ce niveau et reconnaissance à l'intérieur du milieu de la capoeira angola au Brésil. Valdelice Santos de Jesus, plus connut comme Mestra Jararaca, ne pensait pas non plus se professionnaliser, mais le destin et le talent ont donné un coup de main à la "petite qui joue comme un homme". Aujourd'hui, la jeune femme d'à peine 27 ans se prépareà commencer un travail personnel, s'occupe de sa maison, des deux fils (Luiz et José Carlos, de 3 et 6 ans, respectivement), participant en outre aux activités aux côtés de Mestre Curió, disciple du légendaire Pastinha. "J'ai commencée à 11 ans, en cachette de mon père qui disait que la capoeira était un truc de garçon macho", se souvient la mestra qui, même en courant le risque de souffrir des séries de réprimandes, continuait à fréquenter la roda avec sa soeur plus vieille, Ritinha, jusqu'a aujourd'hui élève de João Pequeno.

A la question : Comment est il possible de régler les affaires domestiques, familiales, de donner des cours en deux séances et de continuer à se perfectionner, la jeune maître sourit, timide, et dit qu'elle n'a jamais manqué de ténacité dans sa vie, même quand son père interrompt un de ses entraînements et interdit au maître de les poursuivrent."c'est en 1989, après que mon père décède, que je suis retournée à la capoeira", affirme-t-elle. Durant la période ou elle est restée éloignée des rodas, Valdelice a connut un autre monde et a décidé d'étudier. "j'ai commencé à travailler très tôt, en vendant des salgados (beignets salés), en travaillant comme nourrice et comme femme de ménage. Un jour dans l'une des maisons où je travaillait, j'ai demandé à ma patronne - qui était une mère-de-saint très respectée, connut comme Ciandra Mãe qu'elle me lise un article de journal. Elle m'a dit alors que celle qui ne sait pas lire est aveugle au monde. Je suis retournée à la maison, décidée à ne plus être aveugle"(…). Entre les cours au Iceia (Institut d'Education Isaías Alves) et le travail, Valdelice trouvait le temps pour jouer au foot avec les garçons des rues du quartier Santo Antônio.

Moleque-macho

Si la capoeira n'était pas arrivée avant, qui sait si le football n'aurait pas eu une représentante à la hauteur des cracks de la génération masculine du passé. "Mon père disait que j'était capitão de areia et que c'était pas bien pour une jeune fille de vivre impunément avec les garçons, mais je ne me préoccupais pas de ça ", ponctue la maître qui, même enceinte, n'a jamais cessé de participer aux rodas. Quand elle revint à la Capoeira, en peu de temps Valdelice devint professeur de l'académie de João Pequeno et la fréquentations des grands maîtres (comme Curió e Moraes) fut inévitable. L'orgueil et la jalousie tant propres à l'univers humain finirent par faire que la jeune capoeiriste s'en allat s'entraîner chez Mestre Curio "J'était déjà professeur, mais quand je suis entré dans l'académie du maître, j'eut besoin d'apprendre un nouveau jeu", affirme-t-elle. C'est à cet époque que surgit le surnom si suggestif donné par son nouveau responsable. Selon le propre Mestre Curió, il faut simplement voir Valdelice jouer la capoeira pour savoir pourquoi on l'appele Jararaca. D'entraineur, la jeune qui était "cobra" quand il s'agit de montrer sa véritable valeur, devient contre-maître et, en janvier de cet année, gagne le titre de maître dans une grande roda, comme le demande la tradition angoleira.

Le préjugé du fait d'être femme, Jararaca le résout dans la roda. "Je n'ai aucune patience avec les gens qui pensent qu'être du sexe masculin, être fort ou avoir une quelconque pratique les rends supérieurs. La Capoeira est une école de chaque jour, qui dure toute la vie et sert aussi bien aux hommes qu'aux femmes", conclut la première maître angoleira du Brésil, qui tient à honorer la mémoire des premières femmes capoeiristas de Bahia.

 

© aruera