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Mestre Bigo, disciple de Mestre Pastinha, raconte un peu de sa vie dans la Capoeira Angola.
Revue Praticando Capoeira, páginas 14 a 16.
Texte: Letícia Cardoso de Carvalho
photos: Archive personnelle

Francisco Tomé dos Santos Filho, Mestre Bigo, est né 1946, à Salvador-Bahia. Il s'initie à la capoeira au milieu des années 50, après avoir assité à une présentation de capoeira ou il voit Mestre Pastinha et Mestre Cobrinha Verde dans un entremêlement de corps.
Il s'entraîne dans l'Académie de Mestre Pastinha jusqu'en 1975 (à cette époque il se marie et démmenage pour São Paulo), et cotoît de grands experts de capoeira, comme: João Grande, João Pequeno, Natividade, Papo Amarelo, Jonas, Bola Sete, Gildo Alfinete, Genésio Meio Quilo, Roberto Satanás, entre autres.
Après être arrivé à São Paulo il reste un temps retiré de la capoeira, mais affirme que malgré avoir été séparé d'elle, la capoeira etait dans son sang , courrant dans ses veines. En 1989, Mestre Bigo fonde l'Académie de Capoeira Angola Ilê Axé, où il travaille jusqu'a aujourd'hui. Il le confirme ci dessous, dans l'interview exclusive que Mestre Bigo donne à la Revue Praticando Capoeira.

P. Capoeira: Comment était la Capoeira Angola à l'époque à laquelle vous avez commencé à la pratiquer ?
C'était un peu différent. Mestre Pastinha enseignait "l'Angola corrida" et "l'Angola amarrada". l'Angola corrida est dangereuse. Nous échangions des coups avec les gens de la Regional. Le regional levait la jambe en haut et l'angoleiro faisait une "rasteira". L'angoleiro ne levait pas la jambe en hauteur, car il sait que si il la lève il va tomber.
Avant, pour chaque jeu était chantée une ladainha, après venait l'improvisation, puis le o "corrido". Le capoeirista jouait un certain temps, Alors la roda s'arrêtait, et on commençait à chanter une autre ladainha. On y passait beaucoup de temps. Aujourd'hui il y a plus de capoeiristas et à cause de ça, il ya moins de temps pour jouer dans la roda.

P. Capoeira: Beaucoup de parmi ceux qui pratiquent la Capoeira Regional affirment que la Capoeira Angola est nulle comme art martial. Quel est votre opinion ?
Je ne le pense pas. L'angola a plus de malice. La Regional est seulement attaque, défense et rage. L'angoleiro entre dans la roda en faisant un sourire. La Capoeira est deux serpents. La Regional à un seul venin. L'angola à déjà le venin de divers serpents. Le Regional entre dans la roda, ferme la main, ferme le visage pour taper. Je veux dire que c'est comme si c'était un serpent à sonnette, qui te prévient qu'il va te mordre. L'angoleiro c'est le contraire. Il serait plutôt comme le serpent, qui cherche à attirer son agresseur et sourit, pour donner seulement un coup, au bon moment. L'angoleiro quand il voit qu'il va donner un coup et ne pas réussir, il ne le fait pas. Il donne seulement le bon coup. Dans l'angola il y a peu de coups mais ils sont tous originaux. L'angoleiro ne gâche pas de coup.
L'Angola est "malícia", est "manha", est "maldade", fausseté, attaque et défense, joie et tristesse. La mandinga vient après avec le temps. L'angoleiro ne fait confiance à personne. Il se fie et méfie. Il fait semblant de ne pas voir, de ne pas écouter. Les gens de la Regional rabaissent l'Angola (sans généraliser), c'est comme une mère et son fils. L'angola est la mère, et une mère ne rabaisse jamais le fils. Ils y a beaucoup de personnes de la Regional qui viennent à l'Angola pour acquérir un savoir, car c'est dans la capoeira Angola qu'est la connaissance. La Capoeira Angola est née dans une "ânsia da liberdade". Elle est née comme une lutte. Celle qui a luttée durant la Guerre du Paraguay ne fut pas la Regional, ce fut Angola. Les gens pensent que l'Angola est nulle, non et non.
Quand les angoleiros sont entrain de jouer on dirait que ces 2 personnes ne sont qu'une, l'un transmet une énergie très forte à l'autre.

P. Capoeira: Quel était le système d'enseignement dans l'Académie de Mestre Pastinha?
Il commençait avec la ginga, c'était le premier pas. Après le premier coup qu'il enseignait était la meia lua de frente, qui était pour connaître son adversaire. Après il enseignait plus de coups frontaux. Alors il venait a enseigner les coups ciculaires : rabo de arraia, meia lua de costas et d'autres.
Bola Sete et moi aimions arriver tôt pour rester à discuter avec Mestre Pastinha, on lui demandait beaucoup de choses auxquelles il répondait. Il nous donnait de nombreux conseils , comme:
“Double toujours un angle de rue ouvert ”
“N'entre pas dans un lieux sombre ”
“Si tu penses qu'une personne est armée, lance une cigarette allumée au-dessus de lui, qu'il porte la main à l'arme”.
“A chaque fois que tu est dans un bar, assied-toi en regardant les yeux du patron, car si il se passe quelque chose, ses yeux vont te prévenir”.

P. Capoeira: Pourquoi de grands mestres de capoeira Angola sont aujourd'hui, d'une certaine manière, "oubliés", comme ce qui arriva à Mestre Pastinha à la fin de sa vie ?
Ca c'est vraiment passé. J'ai dit que la Capoeira Angola nous punit souvent. Si tu ne marche pas droit, elle te punit. (…). Mestre Pastinha ne jouait pas sans chaussures. Avant le voyage en Afrique, Il fit une démonstration dans un gymnase, à Bahia. Une personne a dit à tout le monde de jouer sans chaussures, et que le capoeiriste ne naissait pas chaussé. A part ce jour, Mestre Pastinha n'avait jamais joué sans chaussures dans une roda. Alors, Mestre Pastinha enleva ses chaussures et allât jouer. Tandis qu'il jouait, on mit de la "macumba" dans ses chaussures.
Mais la personne qui fit ceci est déjà morte. Le capoeirista doit toujours demander beaucoup de protection. Quand on s'incline au pied du berimbau, on doit être bénit, demander protection à Dieu, car on va dans une roda sans savoir l'intention de son adversaire. Le capoeirista doit découvrir dans les yeux de son adversaire la décision qu'il va prendre quelque moment ensuite. Aujourd'hui le capoeirista va flirter et après vient à la roda de capoeira; Il ne peut pas, il est avec le "corpo aberto", Le capoeirista doit être de corps et d'esprit propre pour transmettre une énergie positive dans la roda et dans sa vie.

© aruera