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Histoire
mutations & courants

festa da PenhaAu début du 20ème siècle, c'est sur les places publiques des grands centres urbains, lors des manifestations religieuses importantes (festa de Santa Barbara, festa da Conceiçao, festa de Boa Viagem, festa do Bomfim…à Salvador de Bahia) que les joueurs de Capoeira se retrouvent malgré la répression des autorités.

Le premier court métrage sur le sujet peut être : "Dança De Capoeiras" film muet en 35mm. tourné en 1905 et présenté par l'entreprise Candburg au Théâtre Lyrique de Rio de Janeiro. Le film "devait montrer une roda de batucada, sur la base de refrain rythmique marqué par des applaudissements, avec des capoeiristas s'entrainant au son de la musique"

Dans la même ville, jusque dans les années 1920, la "Festa da Penha", où se retrouvent les bahiannais et les sambistes cariocas, est citée comme un lieu de samba et de capoeira de Malandro. On y retrouve la célèbre Hilária Batista de Almeida, Tia Ciata, bahiannaise, native de Cachoeira qui, dans sa maison, surnommée la "Pequena Africa", organise des rodas de samba, batuque et capoeira, manifestions que l'on qualifie maintenant de resistance culturelle face à la marginalisation du noir de l'époque. Le personnage du malandro est souvent cité dans les sambas de l'époque : "Vadiagem" de Francisco Alves en 1929. déjà en 1908 est tourné Os Capadócios da Cidade Nova, un court métrage qui évoquent les malandros, capoeiras et valentões aux environs de la rue Visconde de Itaúna

Au Pernambouc (Recife), les capoeiristes accompagnent les défilés du carnaval, chaque groupe protège son étendard, les bagarres sont nombreuses et réprimandées violemment, la lutte se fond au Frévo.

à Bahia, Pedro de Azevedo Gordilho dit "Pedrito", devint célèbre pour la persécution qu'il mène auprès du candomblé et la Capoeira.

Progressivement la capoeira se transforme, s'institutionnalise … ceux qui la considère comme une lutte la font monter sur les rings. Fort de cette reconnaissance naissent les premiers manuels : le premier livre sur la capoeira serait : "Guia do Capoeira ou Gymnastica Brasileira" signé par un certain O.D.C. en 1907 à Rio de Janeiro.

En 1928, dans la même ville, (Zuma) Annibal Burlamaqui publie un livre illustré, intitulé "Ginástica Nacional" (Capoeiragem) il y définit des méthodes et règles très éloignées du rituel bahiannais, et tente d'assimiler la pratique de "capoeiragem" à une gymnastique nationale. Elle n'est plus l'apanache des malandros tels que Madame Satã João Francisco dos Santos (1900-1976).

en 1931 à Sao Paulo, nait le Front Noir Brésilien (FNB : Frente Negra Brasileira) qui arrive à reunir plus de 100.000 personnes en divers états du pays. En 1937, avec l'arrivée de l'Estado Novo de Vargas, le FNB est rattaché à l'illégalité.

Avec l'aide de son élève Cisnando, grand connaisseur de jiu-jitsu, boxe et lutte gréco-romaine, Manuel dos Reis Machado "Mestre Bimba", crée une capoeira caractérisée par des séquences de mouvements et un code éthique stricte. En 1936 à Salvador au Parque Odeon qu'il affronte et bat le fameux Henrique Bahia. Il faudra attendre 1937, pour que Bimba obtienne l'autorisation légale d'ouvrir la première "Académie de lutte régionale de Bahia". Cette pratique attire la classe moyenne et les étudiants.

La même année, Samuel Querido de Deus, est l'un des invités du 2ème Congrès Afro-brésilien réalisé dans cette même ville.

Durant cette décennie 2 oeuvres novatrices pour l'époque sont publiées : "Casa-Grande & Senzala" (1933), de Gilberto Freyre, et "O Negro Brasileiro" (1934), de Arthur Ramos.

A Rio c'est Sinhozinho, qui lui, extrait la Capoeira de son contexte musical et rituel, la mélange avec d'autres arts martiaux, et la divulgue auprès de la classe moyenne Carioca.

Mestre Maré
Mestre Maré

Dans les rodas de Capoeira de Salvador, de cette époque, évoluent d'autres grands noms de cet art afro-brésilien : Amorzinho, Maré, Livinho Diogo, Aberré, Noronha.

C'est en 1941 que Vincente Ferreira Pastinha "Mestre Pastinha", ouvre à son tour son centre dans le quartier Liberdade, et développe le style Capoeira Angola, afin de conserver l'héritage africain.

Pierre "Fatumbi" Verger, français, révèle dans ses photographies à Bahia, dans les années 40, la présence de la culture noire au Brésil. En plus de ses livres, ses clichés sur le Candomblé et la Capoeira seront autant d'hommages à l'Afrique.

Dans son "Barraçao" situé quartier Liberdade : Mestre Waldemar organise des rodas où évoluent Mestre Traíra et bien d'autres figures. Dans tout l'état de Bahia, Tiburcinho, Caiçara, Canjiquinha, Cobrinha Verde, Gato, Bigodinho, Gigante, et bien d'autres sont les dignes représentants de la Capoeira en ce milieu de 20ème siècle .

mis à jour en mars 2014

textes :

"Ginástica Nacional" (Capoeiragem) - extraits de la Méthode de Burlamaqui

“Tia Ciata e a Pequena África no Rio de Janeiro” - Roberto Moura

Capoeira - Folguedos Tradicionais - Edison Carneiro

Berimbau - Folguedos Tradicionais - Edison Carneiro

Capoeira - "Image du nordeste mystique en noir et blanc" - (page 270) Roger Bastide / 1945

 

© aruera
cours de capoeira à Nantes