informations et ressources libres sur la Capoeira et ses traditions
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Histoire

Dès 1948 les élèves de Mestre Bimba voyagent à Rio de Janeiro et São Paulo pour mener démonstrations et luttes de capoeira regional.

Dans les années 50/60, l'identité noire commence à être incorporée à la ville (Salvador) de manière folklorique, poussée par la politique touristique. Les manifestations Afros (samba, afoxé, candomblé…) sont moins réprimées par la police que par le passé. Carybé l'artiste argentin publie en 1951 "O Jogo da Capoeira", un ouvrage de dessins dédié à cet art.

Mestre Canjiquinha présente la Capoeira dans la plupart des états du Brésil et participe à plusieurs tournages cinématographiques. Les rituels se transforment en shows.

en 53, c'est la première présentation de Capoeira à la télévision, sur TV Tupi (Canal 4). En 54 est tourné "Vadiação" un court métrage de 8 min. filmé en 16mm. de Alexandre Robatto, dans lequel on retrouve : Traíra, Curió, Nagé, Bimba, Waldemar, Caiçara,… et en 62 "O Pagador das promessas", avec une séquence consacrée à la Capoeira et au Samba de Roda.

Jorge Amado, l'écrivain brésilien, le plus lut dans le monde, trace en 1961, le profil du fameux capoeira Samuel Querido de Deus dans son roman : "Bahia de todos santos", et preuve de son amour pour les expressions d'origines noires, il soutient financièrement le travail de Mestre Pastinha alors installé dans le Pelhourinho, centre historique de Salvador.

Autour de 62, le disque Curso de Capoeira Regional de Mestre Bimba est produit par Jorge Santos

Malgré les divergences de style, la Capoeira voyage partout dans l'intérieur du pays, en 1955, Arthur Emidio, originaire d'Itabuna (Bahia) s'installe à Rio de Janeiro. A cette époque, il y rencontre Leopoldinha, cotoie les amateurs de lutte et de Jiu-jutsu, tel Sinhozinho. C'est parmi la classe moyenne carioca, que des groupes émergent, ils donneront naissance à la forme dite : "contemporaine", mélange de 2 styles, caractérisée par l'apport d'acrobaties et l'assimilé à un sport.

En 1963, Suassuna, créee alors, la première académie de capoeira Regional à Sao Paulo, suivit à la même époque Ananias, autre bahiannais, angoleiro. Dans la plupart des états, la capoeira commence à être développée.

Pastinha et la delegation
Mestre Pastinha et la Délégation Brésilienne en 1966

Mestre Pastinha et sa délégation sont invités à Dakar au Sénégal pour le Festival des Arts Nègres en 1966. comme participants sont présents João Grande, Roberto Santana, Gildo Alfinete, Camafeu de Oxossi qui enregistre en 1966 "Berimbaus de Bahia" dans les studios bahianais de Radio Sociedade

Malgré l'aide des intellectuels : Jorge Amado, Mario Cravo Jr, Carybé, Edison Carneiro (Negros Bantus / 1937 et "Capoeira" /1975), le style Angola est dévalorisé pendant cette période, de nombreux maitres anciens délaissent la pratique…

Waldeloir Rego, pratiquant de Candomblé, et grand admirateur de mestre Bimba écrit en 68 : "Capoeira Angola", la première recherche appronfondie sur le sujet. Un pernamboucais, Waldemar de Oliveira écrit quelques années plus tard "Frevo, Capoeira e Passo", un livre qui met en relation ces pratiques à Récife.

Pastinha et la delegation

La musique populaire commence a s'appropier le sujet, Dorival Caymmi compositeur bahiannais célèbre sort le disque "Eu Vou Pra Maracangalha" en 1957, référence au personnage Besouro ?, on citera aussi "Briga na capoeira (Briga no galinheiro)" de Braguinha en 1958, en 1964, toujours Dorival Caymmi, écrit "Cala boca, menino", en 1967 est produit un disque : "11 Sambas e uma Capoeira", chansons de Paulo Vanzolini interprété par divers artistes, il signe aussi "Capoeira de Arnaldo". La plus connue des chansons de variété sur le thème est "Berimbau", elle, date de 1964 par Baden Powell et Vinícius de Moraes. Baden Powell est aussi l'auteur de "Lapinha", chanson inspirée par le légendaire Besouro et ré-appropriée aussitôt par les capoeiristes dans les rodas

Pendant les années 70, la Capoeira Regional & Contemporaine commence à s'exporte aux États-Unis (Mestre Accordeon y ouvre en 78 la première école) puis en Europe (En 1971, Nestor Capoeira dispense des cours à Londres), essayant de conquérir le monde des arts martiaux et de la danse. En 1972, la Capoeira est homologuée par le Ministère de l'Education et de la Culture (MEC) du Brésil comme sport.

En 1973, à l'invitation d'un disciple, Oswaldo de Souza, Mestre Bimba quitte Salvador pour Goiana.
Le 5 février 1974, il y décède quelques jours après son entrée à l'hopital des cliniques de l'université de Goias.

Mestre Noronha
Mestre Noronha

en 1977 décède Mestre Noronha. Cette même année, mestre Leopoldinha, Nestor Capoeira participent à Rio de Janeiro au film "Cordão de Ouro" de Antônio Carlos Fontoura

C'est le retour de la négritude et de la conscience noire. A Bahia, sont fondés le Bloco Afro Ilé Aiê en 74, et le Grupo Cultural Olodum, en 1976, en plus de devenir célèbre pour sa discographie, parraine progressivement l'éducation, la créativité de la communauté noire. La date officielle de la mort de Zumbi, le 20 novembre, est transformée en jour national de la Conscience Noire par le "Movimento Negro Unificado" en 1978.

En 79, Mario Cravo Neto, photographe réalise un court métragede 12 min. : "Gato / Capoeira".

Mestre Pastinha meurt dans la misère et la solitude à Salvador en 1981. Mestre Cobrinha Verde en 83

Le style Angola se voit revalorisé : à Rio de Janeiro, Mestre Moraes , disciple de Mestre Joao Grande, fonde en 80, le Grupo de Capoeira Angola Pelourinho (GCAP), en 82, il retourne à Bahia, et établit le siège du Gcap au Fort Santo Antônio. La même année, au même endroit, l'Académie de João Pequeno de Pastinha est inaugurée.

A partir de cette décennie, de nombreux ouvrages sont écrits sur le sujet par chercheurs, historiens et maîtres (1982 - "Bimba, perfil do mestre" / Mestre Itapoan, 1985 - "Galo jà cantou" / Nestor Capoeira, 1986 - "Capoeira - A Brazilian Art Form"/ Mestre Acordeon, 1989 - "A capoeira Angola na Bahia"/ Mestre Bola Sete , entres autres…).

La vieille garde bahiannaise re-devient un centre intéret et reçoit de nombreuses invitations dans les rencontres nationales et internationales. (Au cirque Voador de Rio de Janeiro en 84, Festival Praia Verde à Brasília en 86, lors de la Jornada Cultural de Capoeira à Ouro Preto en 87, etc…)
A Sao Paulo, Mestre Bigo, ancien disciple de Pastinha, créee un groupe de capoeira angola.

En 1986, Mestre Nenel, fils de Mestre Bimba, commence un travail de récupération du style Regional original de son père en créant "Filhos de Bimba", école de Capoeira dans le quartier du Pelourinho.

La Confédération Brésilienne de pugilisme publie "les règles officielles de Capoeira" en 1987.

Globalisation

Mestre Lua
Mestre Lua

Depuis les années 1985/90, la Capoeira, tous style confondus, connaît une forte expansion mondiale, chaque continent connait cette pratique quelle soit traditionnelle ou non. Les continents du Sud restent les moins favorisés. Paulo Siqueira, arrive à Hambourg en 1984. Mestre Joao Grande ouvre une academie de Capoeira Angola à New York au début des années 90.

Salvador de Bahia devient la "mecque" de la Capoeira, aves les dérives commerciales qui en découlent.

Le mémorial Zumbi dos Palmares est Inauguré à Volta redonda - RJ en 1990.

en 1993 : grâce à l'influence des intellectuels et des capoeiristes est créée l'Association Brésilienne de Capoeira Angola (ABCA) à Salvador : Mestres Curio, Boca Rica, Lua Rasta, Boa Gente, Pelé, Bola sete, Barba Branca,

Plus généraliste, la Confédération Brésilienne de Capoeira est créée en 1994.

en 2006 sont lancés plusieurs documentaires «Mestre Leopoldina, a fina flor da Malandragem», réalisé par Rose La Creta., et «Mestre Bimba a Capoeira Iluminada».

Mestre Leopoldinha décède au Brésil en 2007, Mestre Bigodinho en 2009, et Mestre Joao Pequeno en 2011

la Capoeira devient patrimoine culturel brésilien en juillet 2006

Articles de presse :

Mestre Pastinha tente de revivre, dans la misère, son passé de gloires - Mai 1979 / Journal A Tarde

Capoeira, Brazilians karate (interview mestre Pastinha) - 1968 / Blackbelt magazine

interview de Mestre Paulo dos Anjos - 1995 / magazine Capoeirando

Mestre Gato Preto, La voix de l'expérience.. - N°04, ano II./ Revista Capoeira

Mestre Bigo, disciple de Mestre Pastinha, raconte un peu de sa vie dans la Capoeira Angola. Revue Praticando Capoeira

Mestre João Grande reçoit un hommage aux Etats-Unis - octobre 2001 - Correio da Bahia

Bibliographie :

"Capoeira Angola" de Waldeloir Rego
1968 - Edité par Itapua

"Frevo, Capoeira et Passo" de Valdemar de Oliveira - 1971

"Capoeira - A Brazilian Art Form. History, Philosophy, and Practice"
Mestre Acordeon - 1981

"Le petit manuel du Capoeira" de
Nestor Capoeira

Filmographie :

"Vadiação"de Alexandre Robatto,

"O Pagador das promessas" de Anselmo Duarte

"Cordao de Ouro" de Antônio Carlos Fontoura

Chansons :

"Cala boca, menino" de
Dorival Caymmi

"Capoeira de Arnaldo" de Dorival Caymmi

"Berimbau" de Baden Powell et Vinícius de Moraes

"Lapinha" de Baden Powell

"Lapinha" interprété par Elis Regina

© aruera
cours de capoeira à Nantes